Publié par : carnetdevoyageurs | février 4, 2008

Tripes de porcs et queue de cochon

Il est amusant et parfois revoltant, de faire des rapprochements sur les details de rien du Vietnam qui menent pourtant a des paradoxes. La langue de terre vietnamienne qui s’etire au bout du continent asiatique desploient des paysages etonnants. Au sud, ses plages bucoliques, ses bateaux de peche multicolores aux oriflammes piratesques et ses ciels melancoliquement rouges. Au centre, a 2000 metres d’altitude, DaLat, son eternel printemps avec ses landes brumeuses et ses legumes gorges d’un soleil bienveillant. Et au nord, sa splendide baie d’Ha Long, son fleuve, sa capitale. Un pays d’une diversite surprenante mais d’une pollution accablante.

La chaine de notre moto est trop longue et deraille d’un bruit abominable. Ni une ni deux, chez le plus proche garagiste, un enfant,de dix ans tout au plus,demonte l’engin de ses doigts de fee goudronnes, enleve les maillons de trop, change le derailleur et remonte le tout en un temps records. Pourquoi en France aurait-il fallu deux heures d’attente, des papiers d’identite, un devis et encore une semaine d’attente? On reste bouche bee devant tant d’efficacite.

Les pieds dans le sable au crepuscule sur cette plage deserte, la vie est d’une douceur lascive. Une belle plage comme celle-la ne s’oublie pas. Et puis la nuit vient et amene une legere tempete et une grosse maree. Sous votre toit de palme, laissant passer les bruits du vent, avec votre homme contre vous, vous etes heureuse. Le lendemain, pour aller au marche, une belle ballade le long de cette meme plage s’offre a vous. Les vagues s’entrechoquent et la maree a ramene les tresors de la mer a son bord. Le paradis a bien triste figure puisqu’il s’illustre maintenant de cotons tiges, d’emballages cartonnes et de charognes decomposees. Mieux encore. Vous levez la tete vers l’horizon et il vous semble voir au loin, peut etre, de petits radeaux de fortune. Lorsque votre vue s’est precisee et qu’un radeau s’est approche, vous etes face a une boucherie. Les bateaux a la derive ne sont en fait que des sacs poubelles remplis de tripes de porcs. Litteralement je veux dire. La mer ressemble soudain a un immense terrain vague.

Plus tard au marche, vous etes en train de vous occuper de vos oignons, quand soudain une voix dont vous ne comprenez pourtant pas les mots semble vous appeler. Guillerette, vous vous retournez et vous vous retrouvez face a une queue de cochon qui se balance dans les airs. Litteralement je veux dire. La vendeuse d’en face pense vous convaincre:”Bah quoi…achete la ma queue de cochon…humm c’est bon!” Vous baissez alors les yeux et vous avez devant vous un cochon totalement decompose: tete, pattes, foie, oreilles; il ne manque finalement que les tripes, mais elles flottent encore dans votre tete au grand large de l’ocean.

Le soir, revenu a votre lieu de vacances pour une semaine, vous vous rendez compte que tout le monde laisse tout partout. Un tas d’ordures git depuis une semaine non loin de votre hutte en pleine nature. Vous apprenez que ce sont les restes d’une colonie debarquee la semaine precedente. Peut etre esperaient-ils voir pousser des arbres a chips Lays et des pousses de cookies Kraft. On reste bouche bee devant autant d’inefficacite et de laisser aller.

Fort heureusement, la nature vietnamienne n’est pas encore totalement gachee par la pollution alors montrons l’exemple. Par contre, prenons-en de la graine quant a l’organisation de leur main d’oeuvre.


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