Publié par : carnetdevoyageurs | février 5, 2008

La dechirure dans le continuum espace/temps

Il est de ces villes qui rendent le temps elastique. Il est de ces rencontres qui changent votre point de vue, votre vision des choses. Chiang Mai est une plateforme interstellaire sur laquelle les choses glissent ou se figent des que vous tournez la tete un instant. Certains vous diront qu’ils n’ont rien remarque ou meme qu’ils ne l’ont pas particulierement appreciee mais ils n’ont pas pu faire les memes renocntres non plus. Chiang Mai vous empoigne et ne vous lache plus. Vous savez quel jour vous arriverez mais vous ne savez jamais quel jour vous repartirez. Passer une journee a Chiang Mai ne signifie pas necessairement que vous y avez fait quelque chose de particulier. On y marche, on y discute et puis la nuit tombe. On se retourne pour voir le jour mais il est deja bien fini. Ce n’est pas bien grave, il reste encore la nuit. “Je ne me suis pas vu sortir du temple” ou “Je n’arrive pas a savoir quel jour on est et c’est chaque jour pareil” deviennent des phrases qu’on acquiesce d’un mouvement de tete entendu. I see what you mean. C’est en tout cas ce qui se passait au sein de la troupe pas triste qui s’est formee autour des uns et des autres sans qu’on s’en apercoive encore une fois. Terry Pratchett, le roi de la science fiction a certainement plane sur Chiang Mai pendant ces deux semaines d’oubli ou j’y ai sejourne. Manu, Juan Mario, Mars et les autres, remake du film francais des annees 80, les joyeux drilles qui ont traverse ma vie, la ponctuant de sourires beats.

La riviere Pong, brillant au soleil, qui semble etre si vivace le matin et pleine de langueur en fin d’apres-midi. La vieille ville aux ruelles sans fin qui cachent mille tresors de lieux suspendus dans l’air. Et ces montagnes vertes a perte de vue qui semblent enrober la ville dans un ecrin naturel. C’est en se laissant aller sans but aucun, au travers des ruelles de Chiang Mai, que cette dechirure espace/temps semble a la fois prendre tout son sens et reste en meme temps incomprehensible. Comnme un accordeon qui va et vient, les lieux changent, les jours sont parfois si courts puis soudainement s’allongent. Au debut, vous vous croyez seul a vivre cela. Et puis vous rencontrez d’autres fous qui croquent la vie, qui vous donnent, qui vous apprennent, qui ont tous quelque chose a eux. Leur presence n’est pas anodine. Ils sont tous une infime parcelle des meteorites invisibles qui s’ecrasent sur Chiang Mai, qui la font vibrer et briller de mille rayons eparses qui partent en tous sens. Chiang Mai deboussole moi encore, j’adore.  


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